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La situation économique en Tunisie



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L’ouverture de l’économie tunisienne sur le reste du monde la rend vulnérable aux effets des bouleversements économiques à l’échelle mondiale. Ainsi, la crise causée par la pandémie a produit un recul significatif de ses importations et exportations en plus de la hausse du taux de chômage. Ce tableau morose est accentué par les inégalités sociales et régionales à travers le pays et la dette publique. Découvrons dans cet article la situation économique du pays avant et après la crise sanitaire ainsi que la hausse du taux de chômage après covid-19.

Depuis longtemps, le pays est confronté à la problématique des inégalités socio-territoriales entre les différentes régions. Les indicateurs utilisés pour évaluer ces écarts sont le patrimoine, le niveau d’éducation, le salaire, les dépenses, les soins de santé, l’accès aux infrastructures de base, la protection sociale…Ainsi, les gouvernorats les mieux équipés en infrastructures de base sont selon un ordre décroissant Tozeur, Tunis, Kebali, Ben Arous. Les infrastructures de base sont moyennement répartis dans les gouvernorats suivants :Monastir, Ariana, Manouba,Gafa, Gabes, le Kef, Sousse, Nabeul, Tataouine, Bizerte. Les gouvernorats suivants ont une valeur de répartition d’infrastructures de base au-dessous de la moyenne : Siliana, Béja, Jendouba, Kasserine,Zaghouan, Maha, Sfax et Médenine. Tandis que le taux de couverture est très bas à Sidi Bouzid, Kairouan et Médenine. Les aspects analysés sont l’accès l’électricité, la desserte en eau potable, le branchement des foyers au réseau d’assainissement, l’alimentation en gaz. En ce qui concerne le taux de pauvreté extrême, les régions du Centre-Ouest, du nord-ouest réalisent un score élevé. Les régionsdu sud-est, sud-ouest, centre-est, nord-est ont un nombre moins élevé de familles nécessiteuses tout en faisant partie des zones dépassant la moyenne nationale de taux de pauvreté. Seul le Grand Tunis possède le taux le moins bas de pauvreté,le taux d’analphabétisme et le taux de migration le moins élevé. Le capital humain, l’accès aux services de santéet les opportunités de travail se concentrent sur les grandes agglomérations à l’intérieur du pays. Pour redresser cette situation, le gouvernement a fait comme priorité l’égalité de chances dans le système scolaire pour tous, la formation professionnelle et l’amélioration des différentes infrastructures et connectivité.

La crise sanitaire ne fait qu’aggraver cette situation économique et sociale critique du pays. Elle a conduit à la faible croissance, la hausse du déficit commercial et de la dette publique, le recul de l’investissement, l’alourdissement du taux de chômage et l’essor du secteur informel. En dépit des mesures d’arrêt progressif du confinement, les répercussions économiques de la crise sont conséquentes pour le pays.Les pertes fiscales sont évaluées à 5 milliards de dinars. Voici quelques chiffres pour illustrer cela : l’évolution du taux de croissance du 1er trimestre 2020 affiche une contraction de 1,7 % du PIB, la baisse de volume des investissements étrangers chute à 95 %, 35 % des entreprises ont effectué des licenciements tandis que le taux de chômage avoisine 20 %.

Comme les services apportent une contribution importante à l’économie (61,7 % du PIB) et emploie 54,8 % de la population active du pays, ce secteur est la première victime de la pandémie.La fermeture des frontières a causé la chute des revenus des opérateurs touristiques jusqu’à 30 % à 80 % lors de la fermeture totale et l’annulation de vols. La perte du secteur de transport, quant à lui, est évaluée à 60 % en 2020. La crise sanitaire a aussi touché de plein fouet le tissu industriel qui représente 22,7 % du PIB et emploie 32,5 %. Les usines de fabrication de textile, habillement, cuir, chaussures, papier, carton, plastique, agro-alimentaire, matériaux de construction ont tous souffert des mesures de restrictions.La dette publique est estimée à 87,6 % en 2020 pour passer à 91,2 % en 2021 et 93,9 % en 2022 à cause des mesures prises pour contenir la pandémie et ses conséquences sur l’économie et sur le plan social. L’inflation est évaluée à 5,7 % pour l’année 2020 et 5,8 % pour l’année 2021.Ce taux devrait encore augmenter à 6,3 % pour l’année 2022.

Le tableau économique post-pandémique est ainsi assez morose. Des pans entiers de l’économie sont détruits. Mais la situation a permis toutefois à certains secteurs à haut potentiel d’employabilité de se développer comme le secteur TIC, le secteur des énergies renouvelables ou les industries agro-alimentaires.

La perturbation du marché de travail atteint son apogée partout dans le monde pendant la période de crise de coronavirus. Les plus touchés sont l’Amérique et l’Amérique latine, l’Europe du sud et l’Asie du sud. En ce qui concerne la Tunisie, la réduction des heures de travail a entraîné l’augmentation de l’inactivité, la baisse de la population active, la perte d’emplois et la hausse dutaux de chômage. Et malgré le déploiement de la vaccination contre covid, la reprise économique est lente. Le taux de chômage est en effet passé de 17,4 % au dernier trimestre 2020 à 17,8 % au premier trimestre 2021. Les jeunes sortants universitaire ou les jeunes faiblement qualifiés, les femmes, les indépendants sont tous au chômage. Les travailleurs qui perdent leur emploi suite aux restrictions du covid se retrouvent aussi chômeurs et en recherche active d’un emploi. La reprise d’après covid constitue ainsi un problème à la fois économique et social. Le gouvernement doit chercher des solutions pour redresser l’économie, pour créer des emplois décents, pour soutenir les secteurs les plus affectés,les familles nécessiteuses et les personnes vulnérables. Des véritables défis auxquels s’ajoutent les problèmes du développement de certaines régions du pays.

Le chômage qui touche essentiellement les régions les plus pauvres de la Tunisie, (le Nord-ouest Kef, Siliana, Kairouan, Jendouba) est causé par la distribution inéquitable des ressources comme les infrastructures, les entreprises, les investissements. Les populations dans ces régions sont aussi paupérisées par différents facteurs comme la réduction de la population dans ces zones à la veille de la colonisation, la mécanisation de la céréaliculture pendant la période coloniale conduisant à la paupérisation des petits paysans. Ces derniers sont déracinés des plaines et se réfugient dans les régions montagneuses. Après l’indépendance, des travaux de modernisation de l’agriculture et de diversification de systèmes d’agriculture sont entrepris. Mais les problèmes subsistent toujours : la stagnation des prix des principaux produits agricoles, la hausse des coûts de production à cause des subventions alors que les produits de première nécessité industrielle ne cesse d’augmenter. Cela entraîne à son tour l’exode rural en raison de l’absence du développement rural et la paupérisation de la population.

D’un autre côté, la déficience de l’urbanisation qui se traduit par l’absence ou le manque d’industries et d’usines caractérisent ces régions. Le faible accès aux services de santé, aux services de loisirs empêche aussi la dynamisation régionale. Les opportunités d‘intégration professionnelle, sociale, culturelle sont rares. Le secteur agricole mobilise 50 % de la population active mais son développement reste réduit. Il n’existe que quelques unités industrielles isolées dans ces régions. La majorité des entreprises privées ne génèrent que peu d’emplois. Bref, pour développer cette zone, plusieurs schémas sont avancés comme la valorisation des produits et des terres agricoles, l’amélioration du secteur industriel et des infrastructures.

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